• Griffonnage Criminel 01

    Bon alors d'abord et avant tout, je veux vous expliquer que ce récit est censé être un récit policier.
    C'est un essai, je vous l'avoue, je n'ai absolument aucune idée de ce que ça va donner mais j'espère que vous allez apprécier. N'hésitez pas à commenter et pardonnez les fautes d'orthographe, je ne fais que débiter des trucs sur une page word donc, normalement, ça donne ça.

    Attention. Certains passages de ce récit pourraient ne pas convenir à des enfants de moins de 13 ans. Violence et sang. Usage de drogues et d'alcool. Sous-entendus à caractère sexuel. Et euuuh...je crois que c'est tout. J'espère ne pas vous avoir fait trop peur et je vous souhaite une bonne lecture de ce premier passage de mon récit!

    - Doddz

     

    Les policiers s’affairaient à écarter les gens trop curieux de la scène du crime. Pourtant, les banderoles jaunes « défense de passer » avaient l’effet d’un véritable aimant sur les passants et ça devenait de plus en plus difficile de les empêcher de s’agglutiner devant les brigadiers comme du sang qui coagule, pris dans les filets des plaquettes sanguines. Et le soleil tapant semblait ne pas avoir raison de ces personnes qui tentaient à tout prix de comprendre ce qui venait de se passer sur une des rues adjacente à la rue principale de la ville de Goldenplace. Petite ville? Pas tant que ça. Pourtant, ce n’était pas un endroit trop grand non plus. Assez pour que les criminels puissent proliférer sans trop se faire coller au derrière par la gendarmerie, la police, ou toute autre force de l’ordre. Pourtant, les gens ne semblaient pas s’habituer au fait qu’il y avait autant de violence à Goldenplace que dans toute autre ville et c’est ce qui expliquait l’attroupement de personnes qu’il y avait cette journée là.

    À l’intérieur du périmètre de sécurité s’activaient des membres de l’escouade contre le crime du coin; des médecins légistes, photographes, zoologues, psychologues, enquêteurs…Bref tous les métiers possibles et inimaginables qui pouvait être utiles pour trouver la raison de tout ce chaos. Justement, une jeune femme soulevait le coin de la toile bleue recouvrant le corps pour constater les dégâts. Elle la replaça prestement, dégoûtée par ce qu’elle venait d’apercevoir.  Et pourtant, ce n’était pas si épouvantable que ça. La jeune femme se leva un peu trop rapidement, tangua un peu, puis retira ses gants, essayant de dissimuler son malaise derrière ce geste professionnel. Qu’est-ce qu’elle faisait là, au fait? C’était ce qu’elle se demandait alors qu’elle s’approchait d’un de ses collègues.

    « Alors, May, lui dit-il avec un sourire qui se voulait narquois mais qui avait plutôt l’effet d’une mauvaise blague. Pas très joli à voir, n’est-ce- pas? »

    La jeune femme aux cheveux bruns ronchonna, pas très contente de cette réplique. Non, en effet, ce n’était pas beau à voir. Comme n’importe quel meurtre ou n’importe quel crime qui infligeait des blessures. C’était dans ces moments là que May se demandait encore plus ce qu’elle faisait dans la brigade policière de Goldenplace… C’était une histoire plutôt longue, en fait. Et ça tombe bien parce que c’est justement comme ça que ce récit va commencer…

    ------

    « Tu aurais du te choisir un autre emploi, pauvre empotée! »

    Il lui hurlait dessus tellement fort que des postillons lui atterrissaient dans le visage. Pourtant, elle ne pouvait s’essuyer : c’aurait été un manque de respect de sa part et il aurait eu une autre raison de la mettre dehors.  À l’époque, May avait décidé devenir graphiste. Rien de bien intéressant. Gagner sa vie en faisant des couvertures de livres quelconques, en dessinant ou en écrivant. C’aurait pu marcher si elle avait postulé à un autre endroit. Et voilà que, à cause d’un client insatisfait, elle risquait de perdre son emploi. La brunette avait toujours été du genre à ne faire preuve de volonté que quand cela était réellement nécessaire. Il lui était donc immensément difficile de dessiner sur commande et, la plupart du temps, cela donnait des résultats plutôt médiocres dont elle n’était que peu ou tout simplement pas fière. Et il n’y avait pas qu’elle qui se retrouvait insatisfaite de son travail. Bon nombre de fois, elle se retrouvait dans le bureau de son patron à subir cette totale humiliation de se faire couvrir le visage de bave et de se faire dire un peu trop fort qu’elle avait complètement gâché sa vie en choisissant ce métier qui ne lui apportait rien de plus que des engueulades et une satisfaction moindre. Pourtant, elle qui pensait durer un peu plus dans l’industrie du graphisme fut prise de court cette journée là suite au jugement fatidique de son supérieur.

    « Je vais être franc avec toi. Tu perds ton temps, ici. Et tu ne m’apporte rien du tout.  Alors tu ramasse tes affaires et tu t’en vas parce que je ne continuerai pas à payer quelqu’un qui manifestement ne fait aucun effort pour la compagnie. C’est compris? »

    La seule réponse de May fut un hochement de tête. Elle était déçue, c’était certain. Pourtant, elle comprenait son employeur de vouloir faire en sorte que son entreprise marche et elle avait conscience qu’elle était un maillon faible de celle-ci. La brunette ne se fit pas prier et rangea ses effets ainsi que son ordinateur dans une boîte en carton sous les regards entendus de ses anciens collègues. Elle eut pourtant un certain pincement au cœur lorsqu’elle passa la porte. Pas parce qu’elle quittait des gens qu’elle appréciait, loin de là. Ni parce qu’elle allait s’ennuyer de l’ambiance des bureaux. C’était une crainte un peu plus personnelle, un peu plus égoïste. Si elle partait, où irait-elle? Si le graphisme n’était pas sa voie, que ferait-elle? Ces simples questions commençaient à la hanter alors qu’elle se laissait tomber lourdement sur le siège de conducteur de sa voiture.

    May arriva chez elle complètement démolie. La jeune femme n’avait absolument aucune idée de ce qu’elle ferait de sa vie pour les prochains mois. Cette situation nécessitait une totale remise en question. Devait-elle retourner aux études et trouver autre chose à faire de sa vie? Passer des années sur les bancs de l’école ne l’intéressait pas du tout et pourtant, si elle n’avait aucune chance en graphisme, il fallait qu’elle se trouve une nouvelle voie. Une nouvelle vocation. N’ayant aucune envie de penser à ça à ce moment, elle décida finalement d’aller oublier un peu ses tracas dans le bar du coin. Rien de tel pour foutre sa vie en l’air de façon conventionnelle que d’aller boire un peu, pensa-elle en claquant brusquement la porte de son logement derrière elle. Elle descendit la dizaine de marches qui menaient au rez-de-chaussée à vive allure, comme si de rien était, alors que son subconscient appréhendait déjà le moment où l’alcool commencerait à effacer temporairement ses déboires de la journée.

    En moins de temps qu’il ne le fallait pour le dire, elle se retrouvait accoudée au bar, un verre de whisky entre les mains. Des mèches de ses cheveux bruns retombaient lourdement par dessus son regard bleuté, cheveux coiffés négligemment, qui auraient tôt fait d’avoir été noués en queue de cheval. La soirée était encore jeune. Il n’y avait presque personne dans le bar qu’elle avait choisi par hasard, en « jugeant le livre par sa couverture ».  Un bar plutôt typique, pas très original, avec sa longue table où étaient assis les gens qui, comme elle, voulaient ce soir là s’oublier dans la boisson et, qui sait, peut-être faire quelque chose d’imbécile. Combien de verres elle avait bu, déjà? Ah, pas beaucoup. Un ou deux, tout au plus. Pourtant, comme mentionné plus haut, la soirée était encore jeune et, croyez le ou pas, le whisky, ça affaiblit vite les nerfs. Le regard brumeux, absent, elle ne vit pas tout de suite qu’une personne venait de s’installer près d’elle. Pourtant, lorsque la jeune femme entendit la phrase typique d’un mec qui veut aborder une fille sans que ça paraisse, elle releva immédiatement la tête.

    « Je voudrais avoir la même chose qu’elle, s’il-vous-plait. »

    Lorsqu’il reçu sa commande et que le barman s’en alla prendre celles des autres clients, May cru bon d’enfin poser les yeux sur cet inconnu qui avait une manière un peu trop clichée d’établir un lien avec quelqu’un d’autre.  Manifestement, c’était un homme. Qui d’autre aurait été assez bête pour s’asseoir près d’elle alors qu’il était clair dans son attitude et dans son physique du moment qu’elle n’avait aucune envie de discuter. Et pourtant, elle voyait dans son regard fougueux qu’il n’abandonnerait pas. Qu’il continuerait à l’assommer avec les présentations habituelles jusqu’à ce qu’elle finisse par céder. T’aurais pu commander un whisky, pensa-t-elle, ça aurait été moins chiant.

    « Salut, Je m’appelle Aaron. Désolé de ne pas t’avoir parlé directement mais je ne trouvais pas le courage de te dire bonsoir. Un de mes potes m’avait dit que ça marcherait. Il avait raison. Je devrais aller lui dire qu’il avait raison…

    Est-ce que ton pote t’as aussi déjà dit que tu parlais beaucoup trop, pensa la jeune fille, irritée par le blabla incessant du jeune homme qui était devant elle. Une vraie pie, ce gars! Sans aucune subtilité, la femme aux cheveux bruns se tapa le front avec la paume de sa main droite et, finalement, se résigna à terminer son verre de whisky. Ce n’est vraiment pas le bon moment pour venir me faire chier avec tes problèmes de vie, se dit-elle en toisant le mec sur le banc d’à côté d’un regard froid à son intention. Pourtant, le prénommé Aaron ne réagit pas, continuant de déblatérer des inepties alors qu’elle avait déjà commandé un nouveau verre de whisky, sans mot dire.

    - Héhé. Ce qui est drôle, en fait, c’est que je n’aime pas le Whisky, si tu veux je peux te donner mon verre. Oh et de toute façon, je n’ai pas vraiment le droit de boire, à cause de mon métier. Tu sais, être dans la police, ce n’est pas de tout repos. Pas le droit de boire, pas le droit de fumer. Au moins, je peux coucher avec des filles, ce qui est déjà bien. Mais pas quand je suis en service parce qu’il pourrait y avoir une urgence et puis bon, c’est pas très commode d’interrompre ce genre de trucs, tu comprends… »

    Complètement désintéressée, elle hocha la tête. Oui, je comprends.  Pourtant, bien qu’à l’extérieur elle avait l’air complètement calme et détendue, à l’intérieur, la colère commençait à bouillonner. Malgré tout, elle fut très surprise de le voir s’arrêter de parler pour lui poser une question. Si elle avait un métier. Aussi vite qu’Aaron avait commencé à lui déballer sa vie, May plongea son regard dans son verre transparent et hocha négativement la tête. Aaron n’avait-il pas remarqué qu’elle n’avait pas pipé mot de tout l’entretien? Oh et pourtant, cela ne semblait pas l’arrêter. Surpris, il fit pourtant rapidement le lien entre sa présence au bar et le fait qu’elle n’avait pas d’emploi. Confus, il lui fit des excuses un peu bidon et fini par se taire. Le poids de la conversation n’était plus. Elle pouvait enfin respirer et siroter son verre en toute tranquillité. Seul le brouhaha du bar qui commençait à se remplir venait interrompre le fil de ses pensées. La police. Ça devait être marrant, n’empêche. Comme à chaque fois qu’elle devait réfléchir, elle tira un crayon à l’encre ainsi qu’un bout de papier de son sac à main. Elle trainait toujours ce genre de matériel de papeterie avec elle. C’était devenu une habitude. Lorsqu’on avait une de ces sales envies de dessiner, il fallait être prêt à tout. Elle commença donc à gribouiller, sans vraiment comprendre où les traits menaient. Lorsqu’elle réalisa enfin que son dessin était en fait un schéma de fusil, ses yeux bleus devinrent ronds comme des billes. S’il fallait que l’autre pie tombe là-dessus, il ne me lâcherait pas d’une semelle pour un an au moins! Malheureusement, May ne fut pas assez rapide pour déchirer le dessin. Aaron se retourna vers elle et la força à stopper son geste lorsqu’il vit ce qui était griffonné sur la feuille de papier. Étonné, il complimenta son dessin en toute honnêteté, impressionné, souriant.

    « Wow! T’es drôlement douée en dessin, dis-donc! T’as déjà étudié les armes ou tu as fait ça sans regarder? Mais c’est génial! Je veux dire…J’ai jamais été capable de dessiner comme ça, moi. Mes dessins se limitent généralement à des bonhommes allumettes. Et tu dis que tu n’as pas de métier? Non mais tu devrais faire ça de ta vie! Tu serais une très bonne bédéiste ou…graphiste!

    Il fallait qu’il dise ce mot. C’était inévitable. Pourtant, malgré le fait que May ne voulait plus jamais entendre parler du graphisme, les si bons commentaires sur ses dessins lui firent chaud au cœur. Même venant d’un mec qui parle beaucoup trop. Elle fit non de la tête, pourtant. Devenir dessinatrice ne l’intéressait pas plus puisqu’il était quasi impossible de survivre grâce à la vente de ses livres. Personne ne pouvait.  Et puis, rester cloîtrée dans son sous-sol devant son ordinateur à dessiner, ce n’était pas ce qu’elle rêvait de faire. Elle voulait voir le monde, elle voulait de l’action. Aaron sembla comprendre ce besoin et lui sourit. Pour la première fois depuis le début de la soirée, elle décida de passer en revue ses traits. Ses cheveux noirs retombaient en mèches folles sur ses yeux ternes, pairs. S’il avait appris à se la fermer, il aurait presque eu l’air beau. Sa mâchoire carrée semblait plus arrondie lorsqu’un sourire se dessinait sur ses lèvres, ce qui lui donnait l’air moins sévère que s’il gardait son air neutre.

    - Tu sais quoi? Je pense que je vais parler de toi à mon patron. Ça pourrait l’intéresser d’avoir quelqu’un qui dessine dans la brigade. Je ne sais pas ce que tu pourrais faire mais, ça doit servir pour résoudre des crimes. Ça t’intéresserait? Qui ne serait pas intéressé. Tu me donne ton numéro de téléphone? Je te téléphonerais pour te dire s’il est d’accord ou pas. Ça serait chouette, n’empêche! Je sais qu’on ne se connait pas beaucoup mais tu m’as l’air sympathique et…

    Malheureusement, May ne l’écoutait déjà plus. Elle essayait de s’imaginer à dessiner des scènes de crime, des témoins, des détails. Un léger frisson parcouru son échine. Elle ne pouvait pas laisser passer ça. Même si elle trouvait Aaron naïf de croire qu’une fille comme elle pouvait être sympathique, et ce après moins d’un quart d’heure de discussion, elle le trouvait bien gentil de l’aider alors qu’elle se sentait pathétique et inutile. Sur le dessin du fusil, elle écrivit nonchalamment son numéro de téléphone et le fit glisser jusqu’au jeune homme. Heureux comme un pou, il le rangea dans la poche de son jean. Un peu plus et elle craignait qu’il ne l’oublie là. Ils n’eurent pas le temps de discuter plus longtemps, malheureusement. Lui devait s’en aller à cause de son boulot, elle devait appeler un taxi qui pourrait la ramener chez elle. Pas question qu’elle sorte dehors à moitié soûle. Non, pas du tout…

    ------


  • Commentaires

    1
    injektileur
    Mardi 19 Janvier 2010 à 09:09
    (Oo) tu écris très bien
    je le savais mais ce texte le confirme ^^
    je veux la suite, maintenant
    :p
    2
    Doddz Profil de Doddz
    Mardi 19 Janvier 2010 à 14:03
    hehe merci beaucoup :) je vais continuer un peu ce matin et ce soir ^^
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :